Coop d'habitation L'Escalier
Les premiers locataires dès juillet
12 avril 2010
Frédéric Denoncourt, Le Soleil
(Québec) Si tout se passe comme prévu, la coopérative d'habitation L'Escalier de l'îlot Berthelot accueillera ses premiers locataires le 1er juillet. Le quartier Saint-Jean-Baptiste héritera du coup de 80 nouveaux logements qui promettent d'être des plus agréables à habiter.
«On a construit des bâtiments qui, en termes de qualité de vie intérieure, seront très intéressants, car tous les logements seront traversants, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de corridor central avec des logements de chaque côté comme c'est le cas d'habitude. Tous les appartements auront une vue sur au moins deux côtés de l'immeuble. Et tous offriront beaucoup de lumière naturelle», expose Alain Marcoux, du groupe de ressources techniques Sosaco.
La coopérative L'Escalier sera composée de deux immeubles de trois étages renfermant respectivement 54 et 26 unités de logements. Elle sera située sur le boulevard René-Lévesque, entre les rues De La Chevrotière et Berthelot. On y trouvera des studios, des appartements de trois, quatre, cinq et six pièces et demie. Environ 200 personnes pourront y habiter.
Au fil du temps, plusieurs grands logements avaient été subdivisés dans le quartier, continue M. Marcoux, ce qui a entraîné la multiplication de petits appartements, idéals pour les personnes seules. C'est la raison pour laquelle depuis plusieurs années des groupes sociaux réclamaient la construction de nouveaux logements à prix abordables pour inciter les familles à rester dans Saint-Jean-Baptiste. «Nous étions conscients que les familles avaient de la difficulté à se loger. C'est pourquoi à peu près 60 % des logements sont à prédominance familiale avec deux chambres et plus.»
Les deux bâtiments en forme de U disposeront de portes cochères donnant accès à deux cours intérieures aménagées. Une rue piétonnière sous forme d'escalier, qui portera le nom de passage de la Résistance, séparera les deux bâtiments. Afin de limiter les coûts du projet, aucun espace de stationnement n'a été prévu. Seulement quatre cases seront rendues disponibles pour les usagers de Communauto.
La construction des immeubles a posé certains défis techniques, explique M. Marcoux. «Le site n'est pas évident, il fallait retenir la rue avec des murs de soutènement quand on excavait en profondeur. On a aussi dû procéder à la décontamination des sols parce qu'il y avait un garage à cet endroit jusqu'à la fin des années 60. Il y avait toutes sortes de contaminants, comme de la peinture et des hydrocarbures.»
Les coûts de travaux de construction amorcés en avril 2009 s'élèvent à 12 350 000 $. La Société d'habitation du Québec a financé le projet à hauteur de 4 850 000 $, tandis que la contribution de la Ville de Québec s'élève à 1 936 000 $. Un prêt hypothécaire de 5 795 000 $, contracté par la coopérative L'Escalier auprès de la Caisse d'économie solidaire, complète le financement.
Le fruit de plus de 30 années de luttes
Quand les premiers locataires aménageront dans la coop au début de l'été, les groupes populaires pourront enfin crier victoire, eux qui attendent ce jour depuis plus de trois décennies...
«On est très satisfait que ça aboutisse finalement. Ça va répondre à des besoins grandissants et permettre à des gens à faible revenu de rester dans le quartier. Ça, c'est une grande victoire», affirme Nicolas Lefebvre Legault, porte-parole du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.
Il rappelle que depuis le début des années 60 et le réaménagement de la colline parlementaire qui a entraîné la destruction de milliers de logements dans le Faubourg Saint-Jean-Baptiste, l'espace occupé par les six maisons épargnées de l'îlot Berthelot, le nom donné à deux quadrilatères situés entre le boulevard René-Lévesque, le parc Berthelot et les rues Saint-Michel et Berthelot, était devenu l'objet de toutes les convoitises.
Ainsi, depuis le milieu des années 70, des entreprises privées ont projeté d'y construire des hôtels, des immeubles de logements ou des tours de condos. Comme la position des autorités municipales dans le dossier a souvent été ambivalente, les groupes populaires qui se battent pour un meilleur accès au logement ont dû mener des luttes acharnées pour faire échec à ces projets.
Nicolas Lefebvre Legault croit que cette réalisation aura des effets positifs sur certains services du quartier. «Il y aura un effet dynamisant. Notre porte de sortie pour avoir un centre-ville vivant avec des familles, ce sont les coops d'habitation.»
Les locataires la voulaient, cette coop, ajoute M. Legault, qui affirme avoir rarement vu des requérants s'engager de manière aussi soutenue. «Une des particularités, cette fois, c'est la présence d'un comité qui a été très actif du début à la fin. La participation a été beaucoup plus forte que d'habitude.»
Tant sur le plan de l'urbanisme que de l'architecture, le projet est une grande réussite, poursuit-il. «Ils ont réussi quelque chose de génial en construisant deux édifices qui s'intègrent de manière magistrale. C'est de toute beauté. Pour nous, la preuve est maintenant faite qu'on peut densifier tout en respectant la morphologie du quartier.»
La moitié des 80 nouvelles unités de logements sera subventionnée. Le prix des autres espaces locatifs correspondra à 95 % du prix de loyer médian du secteur de la colline parlementaire.
Tous les logements ont déjà été attribués. Mais comme il pourrait y avoir des désistements, les gens qui le désirent peuvent s'inscrire sur une liste d'attente en communiquant avec le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste au 418 522-0454.






