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Absorber la crise… et trouver des solutions !

05 mars 2009

par Colette Harvey

La crise financière actuelle n'épargne personne. La Bourse canadienne a chuté de plus de 35 % en 2008. Les fonds d'obligation ont à peine ménagé le capital des déposants. Les taux d'intérêt sont anémiques. Cette situation qui a débuté en 2007 a pour toile de fond la crise des prêts à risque et l'éclatement du marché immobilier résidentiel américain, lesquels ont provoqué une dégringolade des prix et l'accroissement des saisies.

Confiantes dans la solidité de l'économie américaine dopée par le crédit abondant, les banques et de nombreux établissements de crédit ont proposé aux ménages américains – et ce, même à ceux qui étaient pauvres ou déjà endettés – d'emprunter pour acquérir un logement. On a offert des prêts, parfois à très long terme, à des taux d'intérêt faibles ou inexistants, mais qui sont devenus beaucoup plus élevés par la suite et qui étaient souvent révisables à la hausse. En même temps, on a transformé les créances que l'on détenait en titres divers, eux-mêmes porteurs de taux d'intérêt élevés : On a procédé à la titrisation des créances. Ces titres offerts à toutes les institutions financières de la planète se sont retrouvés dans des fonds communs de placement et dans des portefeuilles de caisses de retraite.
Cependant, la bulle a éclaté. Les difficultés des banques américaines et des prêteurs hypothécaires sont apparues au grand jour : pensons à Fannie Mae et à Freddie Mac. Les banques étrangères ayant acheté leurs titres les ont revendus en catastrophe en faisant de lourdes pertes. Cela a provoqué la crise des liquidités, car les banques refusent de se prêter entre elles. On a assisté à une crise mondialisée, dont les effets se font sentir plus durement en certains endroits, comme aux États-Unis.

Bref, il s'agit d'une situation où l'élastique du crédit a été bien étiré, tout comme celui de l'ingénierie financière. Les risques ont été sous-évalués, dans un environnement de déréglementation qui sévit notamment aux États-Unis depuis plus de 20 ans.
Cette crise passe graduellement de la sphère financière à la sphère économique. Le crédit se resserre. Les entreprises ayant plus de difficulté à se financer mettent du personnel à pied. Elle n'a pas été rose, l'année 2008…

Les histoires se répètent.
Cette crise n'est pas la première et ne sera certainement pas la dernière ! Dans son Histoire de l'économie, Pierre Bezbackh rappelle la crise monétaire de l'empire romain aux IIIe et IVe siècles après J.-C. À cause de ses besoins d'argent, Rome est contrainte d'émettre de « mauvaises monnaies, faites de métaux ou d'alliages non nobles, qui sont refusées par le public et conduisent à l'inflation galopante des IIIe et IVe siècles ». Les crises ne sont pas récentes, mais on constate que depuis une vingtaine d'années la croissance rapide de la sphère financière et des mouvements internationaux de capitaux fait peser des risques plus importants sur l'économie.
Le Fonds monétaire international (FMI) a recensé 124 crises depuis 1970. Quelques-unes ont été de courte durée et de faible amplitude. Cependant, celle que nous vivons actuellement est une des plus importantes depuis 75 ans. Selon les données du FMI, les récessions qui ont été précédées d'une crise bancaire, comme c'est le cas actuellement, ont été plus longues, perdurant en moyenne 23 mois plutôt que 9 mois. En Bourse, de tels désordres ont provoqué une chute moyenne des cours boursiers de 43 % lors d'une durée moyenne de 19 mois. Mais la remontée est souvent très forte : 25 % trois mois après le creux, 48 % six mois plus tard et 86 % après un an ! Mais tout le monde n'apprécie pas les montagnes russes et, surtout, n'a plus un horizon de placement suffisamment long pour attendre sagement la reprise.

ACEF

Que faire lorsqu'on est à la retraite ?
Pour les personnes retraitées ou celles qui sont près de la retraite, le temps des économies est terminé. Travailler quelques années de plus n'est pas la solution envisageable. Les crises financières affectent donc davantage les personnes retraitées détenant des portefeuilles d'épargne concentrés en actions. En 2008, le rendement d'un portefeuille composé de 70 % en actions et de 30 % en revenus fixes a été en moyenne de -22,1 %, tandis qu'un portefeuille composé de 10 % en actions et de 90 % en revenus fixes a rapporté 1,4 %. La chute est donc différente pour chacun. En attendant la reprise, que faire ?

Revoir ses priorités et ses besoins
À la retraite, les revenus proviennent des sources publiques comme le Régime des rentes du Québec ou la Pension de sécurité de la vieillesse, lesquels sont indexés annuellement. Quant au RREGOP, il procure des rentes de retraite qui sont partiellement indexées. Plus la retraite s'allonge, plus le retraité perd graduellement du pouvoir d'achat. La solution dans ce cas : revoir son budget et étaler les dépenses compressibles : voyages, améliorations locatives, voitures, etc.
Pour celles et ceux qui ont accumulé des placements enregistrés ou non, il est bon de revoir les retraits nécessaires pour assurer le train de vie actuel et d'évaluer la possibilité de les diminuer légèrement, de manière à conserver un peu plus de capital qui sera disponible quand les marchés reprendront. En faisant cette démarche avec son conseiller financier, on pourra du même coup revoir la composition de son portefeuille et sa tolérance face aux fluctuations de marché.

Des valeurs sûres
Pour dormir sur ses deux oreilles, les obligations à rendement d'Épargne Placements Québec sont un bon placement. Rachetables annuellement, ces obligations portent un taux d'intérêt garanti qui progresse annuellement, jusqu'à un terme de 10 ans.
Épargne Placements Québec est responsable de la gestion des opérations relatives aux produits d'épargne émis et garantis par le gouvernement du Québec. Ces obligations sont disponibles tout au long de l`année sous différentes formes, pour les produits d'épargne retraite ou non. On peut se les procurer par l'entremise de son institution financière ou directement par téléphone à Épargne Placements Québec.

Les institutions financières, notamment les caisses du mouvement Desjardins, ont emboîté le pas et offrent aussi des dépôts à terme à rendement progressifs, rachetables annuellement, avec des caractéristiques et un rendement similaires.
Il est difficile de prévoir l'évolution des placements en période de volatilité. Changer rapidement son portefeuille du tout au tout n'est pas la situation gagnante : on laisse sur la table les rendements boursiers intéressants lors de la reprise. Cependant, il existe maintenant de nombreux produits financiers procurant à la fois une garantie sur le capital investi et une possibilité de rendement supérieur selon certains indices boursiers ou obligataires. Par exemple, le portefeuille profilé à capital garanti Desjardins est une solution d'épargne clé en main composée de plusieurs produits, dont l'épargne à terme régulière et les placements garantis liés aux marchés, répartis selon le profil d'investisseur. Il est donc possible de s'assurer qu'il n'y aura aucune perte, tout en bonifiant le rendement habituellement obtenu sur les dépôts à terme. 

Et si en plus on est intéressé à l'investissement socialement responsable, la Caisse d'économie solidaire Desjardins offre le Placement à rendement social. Toutes les combinaisons de dépôts garantis (à taux fixe, progressifs ou liés au marché boursier ou obligataire) sont disponibles dans le Placement à rendement social. Avec les mêmes garanties et les mêmes rendements, l'argent investi sert à financer les entreprises d'économie sociale : centres de la petite enfance, entreprises d'insertion en emploi, coopératives d'habitation, radios communautaires, etc.

Avec une garantie sur le capital, on ne peut pas s'attendre aux mêmes rendements que ceux que l'on obtiendrait à la Bourse en période de croissance. Il faut avoir des attentes réalistes !

Des bénéfices à l'abri de l'impôt
Toutes les personnes qui détiennent des placements non enregistrés ont avantage à se doter du nouveau Compte d'épargne libre d'impôt (CELI). Afin de réduire le taux d'imposition, un couple peut investir une somme annuelle de 10 000 $, dont les intérêts ne seront pas imposables. Le conjoint le plus fortuné peut donner 5 000 $ à son partenaire, sans égard aux règles d'attribution. Pour les aînés, le CELI constitue un moyen intéressant d'épargner en tout temps, même après l'âge de 71 ans. On peut retirer selon ses besoins et selon les placements choisis. Au décès, l'actif détenu dans un CELI peut être transféré au conjoint survivant, à l'abri de l'impôt et sans incidence sur les droits de cotisation du CELI du bénéficiaire.

De nombreuses institutions financières offrent maintenant des placements à revenus mensuels procurant des rentrées d'argent périodiques tout en permettant le report d'impôt. Ces portefeuilles, destinés aux sommes hors REÉR, sont modulés selon le profil d'investisseur et donnent accès aux marchés boursiers et obligataires. On retrouve dans cette catégorie les parts de catégorie T des fonds Desjardins.

Comment profiter au maximum des avantages fiscaux


Simplifier son budget
La simplification du budget est la partie la plus difficile. Nous dépensons allègrement ce que nous avons et faisons généralement profiter enfants et petits-enfants de nos largesses, en bons baby-boomers. Faut-il tout couper ? Quand rien ne va plus, cela peut s'avérer nécessaire, mais nous avons aussi la possibilité d'orienter nos cadeaux vers des choses essentielles.
Le temps ! Saviez-vous que le temps est une des valeurs essentielles des générations X et Y ? Faire des activités avec les enfants de nos X et Y permet de créer des liens essentiels, de dégager les parents et de transmettre des valeurs. Tout le monde y gagne, et pour pas cher !

Les réseaux d'échanges, les clubs de lecture, les clubs de marche…
Plusieurs retraités actifs démarrent des clubs de marche dans leur quartier ou des clubs de lecture. De bons trucs pour économiser sur les programmes de conditionnement physique ou l'achat de livres, tout en s'accordant une belle qualité de vie.
À Québec, à Montréal et à Trois-Rivières, il existe un réseau fort intéressant qui regroupe toutes les personnes désireuses d'échanger entre elles différents services tels que du dépannage informatique, de la traduction de textes, du transport, de la formation, de l'aide pour une déclaration d'impôts, des conseils pour cuisiner, etc. Chaque membre de ce réseau appelé « l'Accorderie » met à la disposition des autres ses compétences et son savoir-faire sous la forme d'offres de services. Les échanges sont comptabilisés dans une banque de temps, sur la base des heures échangées, selon le principe que « une heure de service rendu égale une heure de service reçu ». Tous les services sont mis sur un même pied d'égalité. Il n'y a aucun bénévolat et tout est rétribué en temps !

Pour les parents ou les grands-parents gâteaux
S'il reste des liquidités, pourquoi ne pas investir dans l'éducation ? Le régime épargne-études (REEE) est un outil des plus intéressants pour les grands-parents : il met à la disposition des petits-enfants du capital qui générera un rendement et surtout des subventions de 30 % du montant investi (20 % au fédéral et 10 % au Québec), pour un maximum de 2 500 $ par année par bénéficiaire. Rendement et subventions s'accumuleront à l'abri de l'impôt, au nom des petits-enfants, pour leurs études postsecondaires. Le capital appartient toujours aux grands-parents : il s'agit d'un prêt sans intérêt pour lequel il est possible d'accumuler 50 000 $ au total par bénéficiaire !

Profiter de la crise
Toutes les périodes de grand bouleversement permettent d'apporter des améliorations à nos comportements. Espérons qu'avec la crise actuelle nos gouvernements mettront en place de meilleurs contrôles et des règles de gouvernance plus serrées. La surconsommation et la recherche du profit à court terme ne sont plus des panacées. Et si nos meilleurs investissements étaient nous-mêmes, notre santé, notre famille, nos amis, notre collectivité…

Liens utiles :
Épargne Placements Québec : http://www.placementsqc.gouv.qc.ca
Placement à rendement social : www.placementarendementsocial.coop
Régime épargne études : http://www.cibletudes.ca/
Réseau Accorderie : http://www.accorderie.ca
Histoire de l'économie : Pierre Bezbakh, Larousse, 2008

Colette Harvey est conseillère principale en finance socialement responsable, planificatrice financière et représentante en épargne collective pour Desjardins, Cabinet de services financiers inc.*

*Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur fluctue fréquemment et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement futur. Un placement dans un organisme de placement collectif et l'utilisation d'un service de répartition d'actifs peuvent donner lieu à des frais de courtage, à des commissions de suivi, à des frais de gestion et à d'autres frais. Veuillez lire le prospectus.

Note : Le présent document est fourni seulement à titre d'information. Il n'a pas pour but de donner des conseils précis de nature financière, juridique ou autre et les exemples ne s'appliquent pas nécessairement à votre situation. Vous ne devez pas agir sur la foi de l'information contenue dans le présent document sans avoir pris l'avis d'un professionnel. Le Mouvement Desjardins ou ses composantes ne peuvent aucunement être tenues responsables des conséquences de tout ordre ou des décisions d'investissement basées sur le contenu du présent document.

Cette chronique a été publiée dans le magazine de l'AREQ Quoi de neuf.